Les Monts

« Le Morvan ne se confie pas depuis les vallées. Il faut gravir les hauteurs pour qu’il se livre d’un seul regard »  Jean Severin.

 La commune de Larochemillay est très vaste. Elle comprend une magnifique vallée au fond de laquelle coule le ruisseau de la roche, appelé à une époque « la Séglise »,   et deux très beaux monts dont le célèbre Mont Beuvray.

  •  Le Mont Touleur et son ancien château

 Culminant à 582 mètres d'altitude, le mont Touleur est entièrement boisé.

Siège d'un oppidum éduen, puis d'un poste romain. Son emplacement commande l'un des principaux accès à Bibracte.

D'une forteresse carolingienne, donnant face au rocher de Larochemillay à l'est et Ruines du Touleurdétruite probablement en 1474 lors des troubles qui suivirent la guerre de cent ans,  ne subsiste que la base des murs de 1,80 m d'épaisseur, qui délimitait une surface de  21m sur 13m.

Au sud, on peut observer les traces d'une tour, et au nord-est les vestiges d'une dépression de près de 7 m de diamètre pour une profondeur de 3 m, qui pourrait être une ancienne citerne.

Le sommet du Mont Touleur abriterait, selon la revue des traditions populaires "le séjour d'une wyvre gardeuse de trésor enfouis dans les souterrains, qui ne s'ouvrent qu'une fois l'an au moment où le bon dieu enchaîne le diable. C'est le jour des Rameaux, à l'instant où le curé frappe à la porte de l'église. Mais cela ne dure qu'un moment. Une bonne femme des environs s'y laissa prendre en y abandonnant son enfant. Chaque matin, elle lui apportait du pain à la porte; un jour elle oublia et il se dévora le poignet, enfin un an plus tard, il fût délivré le même jour des Pâques fleuries, ainsi nommé dans le Morvan."

  •  Le Mont Beuvray , site archéologique de Bibracte.

 

Le Mont Beuvray fait partie des  grands sites  de France pour son histoire, son patrimoine et son site naturel classé depuis le 20 mars 1990 et désormais site Natura 2000. Il est aussi classé par les Monuments historiques.

 La pente sud-ouest du Mont Beuvray  se trouve sur la commune de Larochemillay.

Il culmine à 821 mètres. 

Le Mont Beuvray (Mons Biffractus) est le siège de l’antique Bibracte. En 52 avant J.C., Vercingétorix y fut proclamé chef des Gaules coalisées, et César, après sa victoire d'Alésia, y passa l'hiver à rédiger les Commentaires sur la Guerre des Gaules. 

Alors que les flancs du mont Beuvray sont totalement boisés, avec quelques clairières, en particulier au niveau des sites archéologiques, la pelouse sommitale (formant un « chaume » ou prairie d'altitude) permet de voir la platitude du sommet et favorise la vue des paysages. Du sommet du mont Beuvray, le panorama est étendu, surtout vers le sud et vers l'ouest, permettant de voir une bonne partie du massif du Morvan. Une table d'orientation permet d'identifier sommets, allées et villages. 

Jean Séverin raconte de manière très poétique l’atmosphère particulière de ce lieu chargé d’histoire, une montagne un peu « mythique » :

 « Le Mont Beuvray, d’abord où j’essaie de réconcilier Vercingétorix et César, le Dieu de ma foi et les dieux telluriques. Là-haut, j’ai mes chemins personnels, des voies du cœur pavées de rêves et de souvenirs, de la Côme Chaudron à la porte du Rebout, du Porrey et de la Terrasse au Parc aux Chevaux, de la chapelle aux hêtre druidiques, ces vieux sages dont les racines monstrueuses saillent d’un sol élastique. Je foule une cité ensevelie où mûrit jadis une civilisation du feu et de l’émail. Et partout autour de moi, la dentelle des arbres, la houle des pas muets sous le vent froid, avec la cicatrice des routes qui mènent à la vie. »

 

Le musée et le CAE :

 Le musée, œuvre de l’architecte Pierre-Louis Faloci, ouvert en 1996, a une surface de 2400m2  dont 1600 m2 d’exposition permanente et 200m2 réservés pour des expositions temporaires. La vie des Eduens y est décrite et de nombreux schémas guident les visiteurs dans l’oppidum. 

De nombreux chantiers de fouilles menés par les archéologues basés au Centre Archéologique Européen (CAE) à Glux en Glenne, sont visibles par le public, et des  visites du site sont organisés  par le musée.

 Le musée organise également des animations l’été, ateliers pour les enfants, grimpe d’arbre.

Un peu d’histoire :

 

« Les Gaules, au rapport de César, étaient divisées, avant l’occupation romaine, en trois grandes parties connues sous les noms de Celtique, Belgique et Aquitanique. La première, (…) s’étendait de la Seine au Rhône, et du Rhin à l’Océan. Elle comprenait plusieurs peuples libres et indépendants, qui formaient autant de républiques gouvernées despotiquement. Celle des Heduës ou Eduens, dont le territoire couvrait  une grande partie de la Bourgogne, de la Bresse, du Lyonnais, ainsi que du Charolais et le Nivernais, tenait le premier rang . (…) Bibracte, sa capitale, était la plus ancienne, la plus grande, comme  la plus peuplée et la plus opulente de la Celtique et même de toutes les Gaules »  Abbé Baudiau.

Plus tard Auguste, qui faisait la guerre aux places fortes aussi bien qu’aux souvenirs des gaulois, et dont la prudence politique n’aurait pu consentir à laisser entre les mains une forteresse inexpugnable telle que la ville du Beuvray, la transféra au  lieu qu’elle occupe actuellement et lui donne son nom (…). La population de Bibracte, attirée par la civilisation et le commerce, pris  bientôt le chemin d’Augustodunum », c’est à dire d’Autun (www.autun.com) à une vingtaine de kilomètres. 

Larochemillay, dominant la voie romaine reliant Bibracte, capitale des Eduens, à la vallée de la Loire, était occupée par un oppidum romain. Sa position stratégique lui permettait de surveiller les alentours et de protéger l’oppidum de Bibracte.

 Le  Mont Beuvray appartenant en partie  à la Seigneurie de Larochemillay, les barons de Larochemillay y convoquèrent, chaque année jusqu’en 1547, tous leurs vassaux et la noblesse des environs pour un « champ de mai » avec revue, fête et tournois. Ils avaient autorisé aussi en mai et juillet de chaque année une foire très fréquentée qui leur apportait des revenus assez importants.

 La fête a eu lieu jusqu’en 1939, elle n’avait plus lieu le premier mercredi de mai mais un des premiers dimanche de juillet et ne durait plus qu’une seule journée.

Les festivités reprirent après la victoire en 1945.

 Le couvent des Cordeliers du Beuvray fut bâti probablement au XIVème siècle avec l’aide des Barons de Larochemillay. 

La chapelle Saint Martin, restaurée avec l’aide des amis du Mont Beuvray, a été érigée sur les  vestiges d’un temple gallo romain.

  • Mont Taulé

 Visible sur la gauche quand on arrive à Larochemillay par la route de Poil ou de Château Chinon.

Un chemin de randonnée permet d’en faire le tour, très joli parcours.